12.03.2010
Chers bolides, je vous haime!
Plus encore que les gros 4X4, ils cristallisent les passions: Adorés ou honnis, supercars et grand-tourisme restent les stars du Salon. En pôle position, la voiture des superlatifs, la Bugatti Veyron.

"T'as vu la Bugatti Vergogne?"
La remarque était lancée à la cantonade, à deux pas du stand.
Pourquoi tant de haine? La réponse fuse:
"Une bagnole de 1001 CV qui coûte 1 million et demi, dépasse les 400 km/h et boit 100 litres d'essence en moins de 15 minutes, c'est de la vergogne en période de crise économique et écologique!"
Dont acte. Dur, pour ce que Volkswagen (la voiture du peuple...) présente comme le fleuron du groupe.
Représentant encore aujourd'hui l'archétype de la voiture exclusive, la Bugatti Royale s'attirait-elle les mêmes remarques acerbes dans les années 30, entre crise économique et montée des fascismes? Et qu'en penserait Pierre Veyron, le dernier pilote à avoir fait triompher une Bugatti aux 24 Heures du Mans (en 1937), mais aussi l'héroïque résistant, qui échappa de justesse à la déportation et à la potence, au contraire de deux de ses coéquipiers?
Et puis, cher inconnu outré, tout est relatif: ça n'est plus la Bugatti qui est la voiture la plus chère (1,6 million de francs, 2,26 pour la "Hermès") ni la plus rapide (407 km/h), mais la Koenigsegg: 2,2 millions et 410 km/h. Koenigsegg? C'est cet artisan suédois qui voulait reprendre Saab.
A quelques pas de là, voici la Pagani Zonda: pour 800 000 francs vous avez une voiture de course homologuée pour la route.
Vous pensiez que la Rolls Royce était la voiture la plus chère du monde? Un petit sprint à l'autre extrémité du Salon et voici la Phantom, affichée à 794 600 francs.
La luxueuse limousine british propriété de BMW bat tout de même nettement sa rivale allemande, propriété de Mercedes: la Maybach Zeppelin ne coûte "que" 690 000 francs.
Et le troisième membre de ce club des berlines très select, Bentley? La Mulsanne culmine à 350 000 francs, mais avec de réelles prétentions sportives... Tiens? Nous revoici dans le groupe Volkswagen!
Reprenons notre palmarès des voitures les plus chères du Salon. Toujours au sein du groupe VW, la Lamborghini Mucielago culmine à 558 500 francs.
Et Ferrari? Pour un peu moins de 400 000 francs, t'as la plus chère, la 612.
A 10 000 francs près - une broutille - Aston Martin propose la plus chère de ses DB9, à 385 900 francs.
Retour au rayon supercars, avec la Spyker Aileron: 365 000 francs pour la curieuse GT de ce constructeur batave qui, après avoir goûté à la Formule 1 (et y avoir survécu!) s'offre une aventure industrielle en achetant Saab.
A 307 000 francs, voici la plus chère des Porsche 911.
Il vous manque 15 000 francs? Alors optez pour une Gumpert Apollo, l'autre voiture de course homologuée pour la route.
Pour 280 000 francs, vous avez la Mercedes SLS AMG, censée faire oublier ces deux légendes que furent la Mercedes 300 SL à portes papillon et la récente McLaren de route. Une affaire!
Amateur de néo-rétro? Voyez du côté de Wiesmann. La plus chère est à 273 000.
Enfin, sous la barre des 200 000 francs, voici la plus chère des Chevrolet Corvette, la ZR1, affichée à 187 900 francs. Les spécialistes vous diront que c'est la GT qui offre actuellement le meilleur rapport prix - qualité...
Ces supercars dont le prix représente de deux à 22 salaires annuels moyens font rêver ou rager. Mais ils ont toujurs été là. Et certains retrouvent leur fonction de laboratoire roulant pour la grande série.
La Koenigsegg roule aussi bien à l'essence normale qu'à l'éthanol. Ferrari expérimente des solutions hybrides sur une 612. Avec ses châssis en aluminium, Spyker propose des voiture plus légères que les coques en acier usuelles et presque aussi rigide que les coûteuses coques en composite. Une Gumpert Apollo hybride a disputé les 24 Heures du Nurburgring (avec l'attentif soutien d'Audi Motorsport), Porsche l'imitera dès cette année. Et les Corveette officielles ont remporté leur catégorie aux 24 Heures du Mans en utilisant de l'E85, l'essence coupée de 15% de bioéthanol.
Dernier rappel: le Belge Camille Jenatzy fut le premier homme à rouler à 100 km/h. C'était il y a 101 ans, à bord d'un bolide en forme d'obus, construit pour promouvoir ses fiacres électriques. Autrement dit: un des premiers "supercars" était une voiture électrique...
00:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : salon auto, geneve, voiture, bagnole, bolide


Commentaires
Les trentes glorieuses sont terminées. La fascination pour des bolides telles que la Bugatti pré-citée fait aujourd'hui sourire, quand on sait qui est volant: fils à papas milliardaires, jeunes Russes nouveaux-riches, génération bling-bling qui ne maîtrise pas même leurs engins et réussissent juste à s'emplafonner contre un mur, sur la route du lac, blessant grièvement au passage un innocent.
Rouler en Hummer, mais aussi dans tout ce qui consomme plus de 15-20l aux 100, cela veut dire consentir à en mettre plein les poches à des connards dangereux, cruels et fous à lier tels que Kadaffi et autres gros débiles des pays pétroliers. Finalement, comme le disait déjà une publicité aux USA, consommer beaucoup de pétrole c'est être anti-patriote. Une pensée pour Max Göldi.
Ecrit par : Yves | 12.03.2010
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